Odyssée revient (enfin presque)
Ca s'appelle Noèse, et c'est un peu différent
Bonjour l’équipe !
Votre boîte mail ne m’a pas accueillie depuis Juin 2022.
C’était l’été avant que j’entre à l’université en Master de philosophie. Je m’étais dit que je ne pouvais pas maintenir Odyssée ET faire de la philo.
Je regrette d’avoir arrêté d’écrire.
Et je suis joyeux de vous dire que cette publication reprend vie.
Ce sera différent, tout en étant dans le prolongement.
En termes de thématiques, ça parle toujours de technologie, d’art-création et d’économie.
Sur les formats, on aura toujours des récits personnels croisés à des analyses économétriques, scientifiques et sociologiques; saupoudrées de fragments littéraires et philosophiques.
Ce qui ne change pas non plus, c’est que je vous partage mes recherches et ma vie de chercheur-créateur.
Le but consiste à vous partager des réflexions singulières que vous ne voyez pas (trop) ailleurs ; des textes qui vous touchent et que vous n’auriez pas découvert ; des histoires personnelles qui résonnent avec vous.
A la fin, si la lecture de cette publication doit vous provoquer une chose, c’est l’envie de vous émanciper. D’être dans l’action, dans la certitude que subvertir l’ordre établi est juste & nécessaire — pour vous et vos enfants, pour vos parents et vos amis.
Ceci dit, deux choses changent : la situation et la perspective.
1. La situation
En juin 2022, il était déjà difficile de “trouver du sens” :
à quoi bon s’échiner à s’employer (comme freelance ou en entreprise — c’est kiffe kiffe) pour contribuer à une entreprise qui, dans 90% des cas, accélère la destruction du vivant ?
Qui épuise nos ressources psychiques ?
Qui nous contraint à lui offrir notre énergie sans jamais pouvoir s’arrêter plus que quelques semaines de vacances ?
Au fond, il était déjà délicat de répondre à la question à quoi bon ?
La possibilité de l’extrême-droite au pouvoir en France a fini de réveiller les moins endormis : il n’est plus possible de vivre comme avant.
Cette publication prend acte.
Les stratégies misent en place pour surmonter la vacuité de la vie emploi-(hobby/projet perso)-survie psychique s’effondrent face à la menace de chape autoritaire.
Vivre sous l’extrême-droite, on sait ce que ça donne. On en parlera dans un autre billet, mais en substance :
Censure de la presse et centralisation de la communication autour de l’Etat (projet du RN, et fait en Hongrie par exemple)
Attaque contre les minorités (particulièrement les femmes, les musulmans, les juifs, les immigrés-binationaux-descendant, les personnes handicapées, les gays, les trans et tout humain qui s’oppose)
Baisse du revenu des classes populaires
Durcissement de la surveillance, de la répression policière et allignement de la justice sur le pouvoir politique
Destruction des services publics, comme l’école, l’hôpital, le planning familial etc.
Explosion de la violence raciste et politique d’extrême droite (plus d’une agression par jour de l’ED recensée depuis la dissolution)
Ce devenir n’est pas désirable.
L’extrême-droite est en route pour gagner la présidentielle, et si elle y arrive, elle ne lâchera pas le pouvoir. Surtout, elle agira rapidement. Les marges pour s’opposer se fermeront. Il sera vite trop tard.
C’est pourquoi il n’est plus possible de vivre comme avant.
Nous devons nous organiser comme si nous vivions déjà sous l’extrême-droite, car ce sursaut qui est sursis suppose de s’organiser pour inventer un autre monde.
Inventer un monde solidaire, collectif et plein d’amour. Cette publication investiguera des possibilités d’inventions. C’est là que nous nous étions arrêté en Juin 2022.
Cette publication change donc en écho à la nécessité, et à mon évolution personnelle. Ce qui suppose l’évolution de la perspective.
2. La perspective
A l’origine, je bloquais mon lycée contre la réforme des retraites (déjà) et je participais aux mobilisation proches de chez moi. Nuit Debout m’a dégoûté, désespéré. J’ai alors pris mes distances avec “la politique”.
Dans le même souffle, j’ai vraiment souffert personnellement pour la première fois. Une sorte de drame personnel pourrait-on dire. Rien de palipitant, mais une dépression et une perte totale de repère. C’est la période où j’essaye d’entrer dans les clous, où je finis par obéir au mot d’ordre qu’on me répète depuis gamin :
« Simon, il va falloir changer »
A savoir : Simon, il va falloir prendre un taf et vivre comme tout le monde. Je l’ai fait. En 3 ans j’ai plié le game de la “carrière”. Il est clair que ça n’a aucun intérêt. Pire : nombre d’environnements “professionnels” nous font régresser. Ils conspirent à écraser toute possibilité d’émancipation. (Ca aussi, nous l’explorerons ensemble).
Dès le début de cette publication, j’avais envie d’assumer qui je suis : révolté, subversif, collectiviste, solidaire, créatif. Mais je n’osais pas dire le fond de ma pensée. Je muselais mes doigts pour qu’ils n’écrivent pas un mot plus haut que l’autre.
Ca, c’est terminé. La perspective de cette publication est donc assumée : contribuer à fournir des éléments pour comprendre ce que nous vivons, et pour inventer un autre territoire commun.
La perspective de cette publication est donc de penser ce que nous faisons.
Penser ce que nous faisons signifie s’interroger sur la condition dans laquelle nous vivons. C’est pourquoi cette publication change de nom pour devenir :
NOESE
Noese signifie la pensée en grec.
Vous recevrez donc le même genre d’essais, de notes et de recommandations qu’il y a deux ans. Ca sera un peu plus niché, un peu plus précis, un peu plus moi (si jamais la notion de Moi est pertinente — la construction du sujet, ça aussi on en parlera).
Je reprends donc cette publication pour raconter mon devenir chercheur, journaliste et (inchallah) philosophe. Je vous narrerai les luttes auxquelles je participe, les découvertes qui émaillent mon parcours et vous recommanderait les livres-films-lieux-personnes qui valent le détour.
Comprenez-bien qu’il ne s’agit pas d’une publication militante qui va chercher à vous convaincre comme on le ferait en porte-à-porte.
Il s’agit d’une publication d’analyse, de partage et d’invention. Et d’un carnet personnel qui retrace les évolutions d’une personne qui résiste, mène ses recherches, essaye de créer et surtout qui s’amuse, qui aime et qui vous convie à la fête.
Nombre d’entre-vous vont partir.
C’est ainsi. Si vous souhaitez m’écrire pour me dire au revoir, ça sera un plaisir de vous lire :)
A très bientôt pour la suite,
PS : mes recherches actuelles portent sur L’avenir du travail dans l’automatisation généralisée.
Vous recevrez donc des fragments de texte et de réflexions qui interrogent ce que travailler signifie, et ce qui est en jeu dans l’automatisation actuelle.






Merci ! Ta publication m’a beaucoup manqué. J’ai même cherché à t’écrire pour savoir comment ça s’était terminé !
À vite
How exciting it would be to experience high-speed chases in https://survivalrace.io after reading this insightful update!